Te souviens tu, M., quand nous passions devant la faculté de Reims pour nous rendre sur notre campus ? Te souviens tu alors de ce que tu me disais ?
« Ca doit être tellement différent la fac »
Nous étions déjà bien conscients que nous vivions dans un monde doré, et il y avait dans cette phrase que tu me répétais souvent comme une envie de découvrir ce qui se passait derrière ces imposants bâtiments.
---La faculté, c'est un monde à part. Un mois à peine que j'y évolue, que je tente de m'y frayer mon chemin. Qu'il est loin le cocon bien chaud de l'école de commerce avec sa prise en charge personnalisée, son esprit de groupe, ses professeurs attentifs et ses infrastructures accueillantes.
---A la fac, il fait froid. Il y fait froid car il n'y a pas de chauffage et que les relations sont terriblement impersonnelles. "Chacun pour soi" est l'adage en règle depuis le début de l'année. Dans les couloirs, on se dévisage. En cours, on se jauge.
Celui-ci n'a-t-il pas un bien meilleur accent que moi ? Celle-ci n'a-t-elle pas fait une faute grossière dans sa version ? On se juge aussi. Celui-ci est un fainéant, celui là un fayot. On fuira le premier comme le second.
---Mais à la fac on se réchauffe de quelques rares rencontres agréables. On se revivifie en cours magistral comme en travaux dirigés. Et parce que l'on y étudie ce que l'on choie et ce que l'on a choisi, on s'y sent bien.
M. Je ne sais où tu es ni ce que tu fais maintenant, mais j'avais envie d'apporter quelques éléments de réponses à ta question.
Pour sur, plus le temps avancera et plus j'aurai de choses à te raconter. Mais me lis-tu seulement ?